With no lovin' in our souls and no money in our coats

With no lovin' in our souls and no money in our coats
En sortant dehors, dans le froid, j'ai croisé une jeune Anglaise. Qu'est-ce que j'ai pu l'envier, juste un moment ! J'ai regardé sa drôle de dégaine, avec sa valise lourde et son écharpe à carreaux jaune et noire. Cette même valise que traîne Harry Potter dans King's Cross, et cette même écharpe que mettent les élèves de Poufsouffle.
Je met du patchouli, je m'attache les cheveux à l'arrache, des mèches me tombant devant les yeux, je fume ma clope dehors, je saute l'heure du déjeuner. Heure que je passe au froid, à écrire & à écouter Starwberry Fields, parce que John me rend dingue... Tout comme lui. Mais ça, je préfère oublier pour le moment. Le soir, chez moi, je m'ennuie, alors je m'amuse à nouveau à contempler mon verni rouge et à rire bêtement toute seule, en pensant à ces chaussettes à pois que je vais m'acheter demain, parce que j'aime ça, je trouve ça kitsch et marrant, et que ça me plaît. That's all. Je lis encore Virginia Woolf, sans me lasser... J'aime traîner dans les rayons et chercher quel livre je vais bien pouvoir me prendre. Mes étagères ne sont pas assez solides pour tous les contenir, alors je les empile sur le sol, en attendant. Ma chambre est un bordel sans nom, couvert de livres, de feuilles, de vynils empilés dans un coin, mes fringues préférées envahissant mon lit et mon coffre... Mais putain, qu'est-ce que j'y suis bien moi, dans mon bordel. Je trouve qu'il me représente bien, ce bordel sans nom.

Je joue Angie, du moins, je m'entraîne. Ce morceau, j'en suis tombée amoureuse. En l'écoutant, je pense à lui, encore & encore. Il me colle à la peau. Everywhere I look, I see your eyes, c'est exactement ça. I see your eyes... everywhere
...

# Posté le vendredi 13 novembre 2009 11:34

Let me take you down cause I'm going to strawberry fields...

Ai passé trois quart d'heure sous la pluie. Je suis rentrée trempée. Mes cheveux étaient lourds et bouclés, ma frange n'en était plus une. Mes converses étaient remplies d'eau, mes pieds frigorifiés, mon manteau ne me tenait même plus chaud, mon écharpe enroulait mes cheveux humides et dégoulinants, je tremblais, et pourtant, je continuais de marcher sous la pluie, levant la tête pour sentir l'eau tomber sur mon visage, parcourant mon cou pour me mouiller encore plus. J'étais bien, là, à cet instant précis, sous la flotte. Trempée, gelée jusqu'aux os, et pourtant heureuse, juste parce que je suis restée sous la pluie battante de ce mois d'Octobre, à attendre de pouvoir rentrer chez moi, me coller contre ma fenêtre avec ma tasse de thé, mon chat sur les genoux, avec le livre de Virginia Woolf que j'affectionne tant... et continuer de regarder la pluie tomber, juste comme ça. Pour rien, peut être. Sais pas vraiment pourquoi. C'est peut être idiot, mais en vrai, je m'en fou. J'aime ça et c'est tout.
J'ai été désagréable envers tout le monde aujourd'hui, envoyant chier le premier qui me posait une question. Oui, c'est très con comme comportement, mais je n'ai pas cherché à comprendre pourquoi j'étais comme ça. Je l'étais et puis c'est tout. Me fou complètement de ce que les autres peuvent bien penser de moi. Complètement. Je me fou de savoir s'ils me trouvent bizarre à rester plantée sous la pluie comme ça, s'ils me trouvent conne d'avoir un tel comportement envers tout le monde, s'ils me trouvent nulle avec ma musique des sixties et mon air un peu British, avec mes réfléxions & ma façon de penser. Qu'ils le pensent, moi ça m'fait marrer de les voir aussi cons et pathétiques. J'emmerde le monde, à cet instant précis.

J'écoute Angie, encore une fois, en pensant un peu à lui, comme à chaque fois, et je m'oublie, le temps d'un morceau, avant de rouvrir les yeux, comme à chaque fois que je suis dans cet état là...

# Posté le jeudi 22 octobre 2009 13:37

All the cigarettes that I have never smoked And all the letters that I have never sent

All the cigarettes that I have never smoked And all the letters that I have never sent
Je suis supposée faire mon devoir de français. Cependant, je me contente de le regarder d'un oeil morne, sans y prêter une attention particulière.
Il fait froid. Chaque matin, je m'enroule dans mon écharpe à carreaux, enfile ma veste et reste plantée dehors, en écoutant Strawberry Fields Forever. La voix de John dans mes oreilles me réveille quelque peu, m'anime, me réconforte presque. Car il n'est plus là pour le faire. Car je ne pousse plus la porte de cette putain de salle, je ne pose plus mon sac avec fracas sur ma table et je ne le regarde plus d'un air las lui faisant comprendre que non, ça ne va pas, que ce n'est même pas la peine de poser la question, et que oui, j'ai besoin d'aide et de réconfort. J'étais prête à lui dire la même chose que John a chanté il y a de ça plus de quarante ans. Help me if you can I'm feelin' down. Tout ça, je ne le fais plus. Il le faut, quelque part, stopper tout ça. Même si au fond, je n'en ai pas vraiment envie, et que j'en ai réellement besoin. Et envie. Oui mais voilà : les choses ont changées. Et il faut faire avec. Laisser couler, attendre qu'un jour, tout devienne plus clair, plus simple, plus vivable et moins étouffant.
En attendant, j'écoute les Beatles chaque matins, je reste dans cette chambre vide, je passe mes vynils et je continue de lire Virginia Woolf, en m'imaginant à la place de Clarissa Dalloway parcourant les rues de Londres avec délectation et se posant au bord de la Serpentine, se souvenant de sa jeunesse, humant l'air de ce doux parfum d'été Londonien.


October 9th : Happy Birthday John.

# Posté le mercredi 07 octobre 2009 13:31

Modifié le vendredi 09 octobre 2009 12:02

Cause we're living in a world of fools breaking us down

J'ai tout laissé en suspend pendant un moment. Autant ce blog que le reste. Je voulais oublier, me détacher de tout ça, me dire que cela ne servait strictement à rien. Même si au fond, je reste persuadée du contraire... Tout est vide. Je me sens vide, fatiguée. J'avais du mal à écrire. Les bons mots ne venaient pas facilement. Ne venaient pas du tout. Je voulais m'oublier, une nouvelle fois. Même si je voulais taper un article. Mais pour dire quoi ? Que tout est de trop ? Ou au contraire, pas assez ? Que cette cigarette était de trop ? Qu'il me manque atrocement ? Non, je ne voulais pas l'écrire. Pourquoi ? Parce que c'est en écrivant les choses que je prend conscience de tout leurs sens et ce qu'elles veulent vraiment dire. Peut être qu'au fond, la vérité m'effraie plus que ce que je ne veux bien le croire. Je ne sais pas vraiment ce que je deviens. Cette fille aux yeux cernés, à l'air mélancolique, tenant cette tasse de thé, collée à sa fenêtre, regardant la pluie fine se cogner contre les carreaux, écoutant en boucle la même chanson, c'est moi. Ce blog, c'est moi. Ces articles, c'est moi. Ces livres, ces tasses de thés misent en vrac sur mon bureau, c'est moi. Cette ambiance Anglaise dans ma chambre, c'est moi. Encore et encore. La situation est troublante. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut être est-ce cette cigarette, ce vynil qui ne cesse de passer en boucle, le fait qu'il me manque. Non, vraiment, je ne vois pas.
Je passe une partie de ma vie dans un endroit que je déteste, où je ne fais qu'acte de présence, puisque rien ne m'intéresse. Tout est devenu fade, sans vie. Alors je reste là, ma cigarette à la main, à attendre que ça passe, que cela s'améliore. Parce que je n'arrive pas à contrôler quoique ce soit. Mes crises de larmes reprennent. Mes réveils en sursaut à trois heures du matin, aussi. Ces sortes d'habitudes là ne me quitte pas.
Pour le moment, je reste plantée là, à regarder par la fenêtre, à lire mes livres, à écouter mes vynils, à attendre Londres. Et j'écris. Pour prendre conscience de ce qui m'entoure, de que je deviens. Voir ce que je suis déjà devenue. But if you close the door, I'll never have to see the day again...

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 11:06

Modifié le dimanche 27 septembre 2009 11:20

And after all, you're my wonderwall

And after all, you're my wonderwall
They are so meaning things I'd like to say, but I don't know how... Il y a un an, j'ai créé ce blog. Juste parce que j'en avais envie, parce que je voulais m'occuper après avoir balancé mon sac sur le sol après les cours. Juste un passe-temps que je ferai en buvant mon thé et en regardant mes devoirs à faire d'un air morne. J'voulais juste tuer le temps, dire à quel point j'aime l'Angleterre et les Beatles, dire à quel point j'aime ça et me sentir bien, juste en écrivant des articles de quelques lignes en écoutant mes chansons favorites du moment. C'était ça, au départ. Juste quelque chose pour m'aérer la tête après les cours, histoire de dire que je peux écrire ce que je ressens sans trop de problème, juste pour me marrer en relisant tout ça. Puis finalement, ce blog a fini par me représenter un peu plus, à devenir une petite partie de moi que je voulais exprimer par le biais de l'écriture. Alors qu'au départ, tout ça n'était qu'un passe-temps, j'ai découvert à quel point il y a quelque chose de bon dans l'écriture, quelque chose qui fait du bien, qui libère un peu. J'ai approfondi tout ça, pour finir par cracher la vérité, même si ça fait toujours mal d'avouer certaines choses... J'ai aimé faire ça. Ecrire sur ce blog, c'est limite devenue une drogue parmis tant d'autre... Quelque chose de libérateur, en fait.
Je voulais arrêter d'écrire pendant un moment, histoire d'oublier, de tout plaquer puis de tout reprendre à zéro. Mais finalement, comme elle l'a écrit, c'est toujours en écrivant les choses qu'on en prend conscience. Alors oui, je ne prend conscience de certaines choses après les avoir écrites, histoire de m'ouvrir les yeux sur ce que je deviens, sur ce que je suis devenue au bout d'un an. Et dire que je voulais faire de ce putain de blog juste un passe temps, au début. Il est devenue beaucoup que ça. C'est con à dire, mais je me retrouve tellement dans les derniers articles. Les premiers, c'était juste écris comme ça, des brouillons presque. Quelque chose pour faire passer le temps, juste comme ça. Les derniers, eux, sont plus profonds, expriment certains sentiments et m'aident à y voir pour clair...
Ce n'est que maintenant que je découvre le talent d'Oasis. Oui, c'est très con, on peu me blâmer pour ça. M'enfin. Je fonctionne toujours comme ça. Et putain, qu'est-ce que je m'en fou au fond. Qu'est-ce que j'aime ça, en fait.

# Posté le mardi 01 septembre 2009 10:40